Une cigarette pour Gustave Flaubert

 La jolie môme de l'Avenue d'Ivry. Photo André Lange-Médart

La jolie môme de l’Avenue d’Ivry.
Photo André Lange-Médart

Elle a interpellé Mina. Lui a demandé du feu. Mina lui a passé sa cigarette allumée. Elle s’est penchée pour en aspirer la flamme précieuse. C’était une jolie môme. Je n’ai pas hésité. J’ai fixé son geste gracieux. Elle a ri, remercié et repris son chemin.

 Le Collège Gustave Flaubert, Avenue d'Ivry, XIIIème arrondissement. Photo André Lange-Médart.

Le Collège Gustave Flaubert, Avenue d’Ivry, XIIIème arrondissement.
Photo André Lange-Médart.

Notre flânerie à la Butte au Cailles nous avait amené Avenue d’Ivry, dans le 13ème, à la recherche d’un petit restaurant chinois. Le décor est complètement différents des petites rues aimables, tranquilles, de la Butte ou du Square des Peupliers. Une population bigarrée, qui prépare de son samedi soir, sans nécessairement penser à la Sainte Vierge. Des tours immenses, dont on sait qu’elles sont un des principaux points de chute de la communauté chinoise de Paris. De petites boutiques où l’on vend des téléphones aux motifs les plus exotiques, des ateliers de manucure où l’on de pause de faux ongles, des restaurants, chinois, vietnamiens, thaïs. Quelques immeubles comemrciaux, complètement à l’abandon. Notre attention est attirée par la masse, lumineuse et triangulaire, du Collège Gustave Flaubert. Les lettres autocollantes noires qui portent le nom de l’écrivain n’ont rien à voir avec la somptuosité des vieilles pierres du Collège Henri IV. Sur les dalles blanches, elles ne sont pas parfaitement alignées. Que dirait Monsieur Flaubert, ce perfectionniste ?

 Devant le Collège Gustave Flaubert. Photo n°4. Photo André Lange-Médart

Devant le Collège Gustave Flaubert. Photo n°4.
Photo André Lange-Médart

Nous nous sommes installés à la terrasse d’un petit chinois, juste en face du collège. En attendant mes dumplings, sans me faire voir, la caméra sur les genoux, j’ai tenté un petit exercice de style, modeste hommage au peintre d’Yonville. Fixer la vie de ce petit coin de Paris, grand comme le monde.

Et Emma, dans tout cela ?  « Par l’effet seul de ses habitudes amoureuses, madame Bovary changea d’allures. Ses regards devinrent plus hardis, ses discours plus libres ; elle eut même l’inconvenance de se promener avec M. Rodolphe, une cigarette à la bouche, comme pour narguer le monde. »

Voyez l’album photo ici

Paris, 16 août 2015.

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